Editions Page deux
Débat sur «le Nouvel humanisme militaire»
Lausanne, 30 mars 2000
RECOMMANDE
Monsieur Yves Laplace
3, ch. des Courtis
1252 Meinier
Monsieur,
En date du 15 mars, vous nous avez fait parvenir un fax exprimant la requête suivante: "Je vous prie de me faire parvenir à mon adresse privée (3, ch. des Courtis, 1252 Meinier) et en service de presse, le livre de Noam Chomsky, Le nouvel humanisme militaire, dont j'ai l'intention de rendre compte." En date du vendredi 24 mars, nous vous avons envoyé cet ouvrage. Le samedi 25 mars, le quotidien Le Courrier publiait votre "Lettre ouverte au Courrier. Bosnie, Kosovo: les falsificateurs". Le livre de Noam Chomsky, Le nouvel humanisme militaire, était disponible dans une série de librairies dès le 23 mars.
Il ne fait dès lors aucun doute que vous avez publié votre "Lettre ouverte" dans Le Courrier sans avoir lu l'ouvrage.
Cela ne vous a pas empêché de porter des jugements d'une gravité extrême à l'encontre des Editions Page deux.
1. Dans cette "Lettre ouverte", vous portez atteinte à l'honneur et à la réputation des Editions Page deux. En effet, vous écrivez:
"Dans un livre hélas prophétique sur la question du génocide, L'Avenir d'une négation (1982), Alain Finkielkraut notait déjà, à propos de Faurisson et de Chomsky: "La négation parle un langage ouvriériste: les prolétaires seraient les seules victimes ou les seuls héros de l'histoire récente; ou antitotalitaire: tout ce qui différencie Staline et Hitler est suspect, et quand elle dresse un réquisitoire contre les Juifs, ce n'est pas en invoquant la pureté de la race, c'est au nom des "vrais" maudits." Encore une fois: comment ne pas établir de rapport avec les présupposés de Chomsky et avec ceux de ses amis, ou de ses éditeurs, soi-disant "pacifistes" et "de gauche" sur le Kosovo?"
Votre assertion a des implications très graves:
1° A partir de votre affirmation selon laquelle Chomsky serait un négationniste, vous en déduisez que "ses éditeurs" dans ce cas spécifique les Editions Page deux explicitement mentionnées de la sorte: "une petite maison d'édition supposée de gauche: les Editions Page deux (Lausanne)" le sont.
2° Ce faisant, vous prêtez aux Editions Page deux un comportement illégal.En effet, en vertu de la loi contre le racisme et l'antisémitisme, et sa traduction dans l'article 261bis du Code pénal, le négationnisme est considéré comme un délit pénal, qui mérite donc d'être poursuivi.
3° A partir de ces considérants et, surtout, à partir des options poursuivies avec constance par les Editions Page deux et leurs animateurs depuis 1996-1997, nous ne pouvons considérer vos assertions que comme relevant de la "diffamation" ou de la "calomnie", telles que définies aux articles 173 et 174 du Code pénal.
La référence au droit est ici faite dans le sens où tout individu vivant dans une société est, par là même, soumis à des règles de conduite. C'est ce que les juristes caractérisent comme le droit objectif. Ce que vous connaissez évidemment.
C'est donc en pleine connaissance de cause que vous nous imputez une conduite en l'occurrence: le négationnisme ou la complicité avec le négationnisme qui relève d'un délit pénal (art. 261bis: "Celui qui aura publiquement, par la parole, l'écriture, l'image, le geste, par des voies de fait ou de toute autre manière [...] ou qui, pour la même raison, niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d'autres crimes contre l'humanité; [...] sera puni de l'emprisonnement ou de l'amende.")
En bonne logique, Le Temps du 28 mars, Le Courrier du 10 mars, Le Monde diplomatique du mois de mars, qui ont tous les trois publié des extraits de la postface de Noam Chomsky pour l'édition française entreprise par les Editions Page deux, participent selon vous, consciemment ou à leur insu, de l'entreprise de négationnisme en tant que vecteur d'édition de textes de Chomsky.
2. Manifestement, comme nous l'avons indiqué ci-dessus, vous n'aviez point lu l'ouvrage édité lorsque vous avez écrit votre "lettre ouverte". En effet, dans le cas contraire, vous n'auriez pu qu'être interpellé par la conclusion de la préface de Gilbert Achcar: "Faute darguments politiques solides, comme jadis les staliniens et assimilés dont plusieurs dentre eux firent partie de manière tout aussi zélée, certains nont pas hésité à utiliser [à l'encontre de Noam Chomsky], dans le débat public, les invectives les plus grossières et les pires amalgames5."
Pour clarifier cette phrase, Gilbert Achcar cite en note 5, p. 262, une assertion de Jean-Louis Margolin faite dans le cadre d'un article publié dans Le Monde du 29 mai 1999 à propos de la guerre du Kosovo selon laquelle Noam Chomsky "en est venu, en bon logicien, à douter de la réalité des chambres à gaz nazies ou du génocide polpotiste au Cambodge puisque le gouvernement américain les dénonce".
Le préfacier, en accord avec le comité éditorial des Editions Page deux, a délibérément choisi de porter à la connaissance des lectrices et des lecteurs ce genre d'accusations infondées émises à l'encontre de Noam Chomsky. En même temps, il cite un texte de la rédaction du Monde du 3 juin 1999, p. 16, qui rétablissait les faits. Cet avis de la rédaction du Monde est net: "Le philosophe et linguiste américain Noam Chomsky na jamais douté de la réalité des chambres à gaz nazies, contrairement à ce quaffirmait lun des points de vue publié dans nos éditions du 29 mai. Dans un entretien accordé au Monde du 1er septembre 1998, Noam Chomsky affirmait que "lHolocauste est la pire atrocité de lhistoire humaine" et qualifiait les négationnistes de "petite secte de cinglés", tout en défendant leur liberté dexpression en ces termes: "LEtat ne devrait pas pouvoir déterminer la vérité, même sil a raison." Cest cette position "libertaire", et en aucun cas négationniste, qui a été vivement contestée."
La rédaction du Monde participe-t-elle par cette mise au point à l'opération de falsification et franchit-elle ainsi la "ligne brune"? Nous pensons qu'Edwy Plenel, directeur de la rédaction, ne prendrait pas à la légère un tel inuendo.
Les éditeurs de l'Encyclopedia Universalis (1995, tome V, pp. 726-727) devraient certainement être dénoncés par vous de façon encore plus virulente puisque dans l'article consacré à Chomsky ils qualifient l'uvre politique de ce dernier ainsi: "Son engagement est essentiellement moral et est enraciné dans la tradition du socialisme libertaire. L'intoxication et l'autocensure auxquelles se prêtent les grands médias occidentaux, leur hypocrisie, le rôle de caution qu'acceptent souvent de jouer "les grands intellectuels" sont l'objet de ses dénonciations les plus violentes. Bien qu'il pense que la politique est pour l'essentiel dépourvue de profondeur intellectuelle, on retrouve dans ses écrits politiques deux caractéristiques de ses ouvrages techniques, un grand souci de l'exactitude du détail et l'ouverture de perspectives capables d'expliquer les faits collationnés."
3. Il est tout à fait possible de discuter, comme le mentionne l'avis de la rédaction dans Le Monde du 3 juin, de l'option "libertaire" de Noam Chomsky. Jean-Pierre Faye, par exemple, partage la position de Chomsky sur la liberté d'expression. Mais il indiquait à Chomsky selon que Chomsky lui-même rapporte dans le New York Times du 30.8.1981 que "le climat était tel, à son avis [celui de Jean-Pierre Faye], que cette position [sur la liberté d'expression] pouvait être déformée et interprétée comme une défense des conclusions de Faurisson". Jean-Pierre Faye avait manifestement compris la manipulation possible de l'avis sur la liberté d'expression donné par Chomsky à propos du libelle de Faurisson et mieux apprécié la différence culturelle entre les Etats-Unis et la France sur l'option libérale-libertaire en termes de "liberté d'expression".
Mais, comme l'indique Le Monde, le débat ne porte pas sur le négationnisme. Il porte sur la radicalité de l'option libertaire que Chomsky résume ainsi: "I reject the doctrine of Goebbels and Stalin that the state should have the right to determine historical truth, and to punish deviation from it; bear in mind that this is exactly the issue in the Faurisson case, Faurisson having been brought to court on the charge of "Falsification of History", later condemned." ["Je rejette la doctrine de Goebbels et Staline selon laquelle l'Etat devrait avoir le droit de déterminer la vérité historique et de punir toute déviation; garder à l'esprit que c'est exactement le problème dans l'affaire Faurisson, Faurisson ayant été attaqué en justice pour "falsification" en histoire et condamné par la suite."]
Chomsky a défendu avec constance cette approche. Il se sentait d'autant plus en position de le faire qu'il explique que dans l'introduction de son premier volume de ses Essais politiques, publié en 1969: "I discuss apologists for the Nazis, people who attempt to deny the Holocaust and other Nazi crimes, and write that by even agreeing to enter into the arena of debate with them, we lose our humanity though sometimes, when apologists for horrendous crimes gain sufficient outreach and prestige, it is necessary to pursue them through the gutter." ["Je discute des apologistes des nazis, ces personnes qui cherchent à dénier l'Holocause ou d'autres crimes nazis et j'écris qu'en acceptant même d'entrer dans le champ du début avec eux, nous perdions notre humanité, bien que parfois lorsque les apologistes de crimes horrifiants obtiennent une certaine audience et un certain prestige, il est nécessaire de les traquer jusque dans le caniveau".]
Les Editions Page deux n'ont pas décidé de traduire et publier l'ouvrage de Chomsky, Le nouvel humanisme militaire, sans examiner de nombreux documents. Concernant la position de Chomsky sur le génocide perpétré au Cambodge, nous avons passé en revue son article signé conjointement avec Edward S. Herman publié dans The Nation le 25 juin 1977, et les écrits qui ont fait suite aux polémiques engagées à ce propos. Nous maintenons ce que Gilbert Achcar affirme à ce propos dans la note 5. Notre point de vue est renforcé par l'anachronisme qui marque certaines polémiques sur le génocide au Cambodge, anachronisme dont on peut prendre la mesure en lisant ce qui nous apparaît être le meilleur ouvrage sur cette énorme tragédie, Le génocide au Cambodge 1975-1979 par Ben Kiernan, Gallimard, 1996 (voir entre autres pp. 577-581).
Il est aisé d'avoir accès [à la documentation]. Ne serait-ce que sur le site Internet de Noam Chomsky. Mais pas seulement. Nous sommes certains que vous avez effectué la même démarche.
Nous sommes aussi certains que vous avez dû faire de même pour ce qui est des publications des Editions Page deux et des articles de ses animateurs et animatrices, sans quoi vous ne vous seriez pas autorisé à porter vos accusations.
Il est vrai que, si vous avez pris sérieusement connaissance des publications des Editions Page deux et des prises de position de ses responsables avant d'écrire votre "Lettre ouverte" du Courrier, le terme de calomnie serait, selon nous, plus approprié pour caractériser vos dires. En effet, selon l'article 174 du CP, la calomnie est le propre de "celui qui, connaissant la fausseté de ses allégations, aura, en s'adressant à un tiers, accusé une personne ou jeté sur elle le soupçon de tenir une conduite contraire à l'honneur, ou de tout autre fait propre à porter atteinte à sa considération..."
4. Parfois, le degré de probité d'une polémique peut se cacher dans un détail.Dans Le Courrier du 10 mars, le chapeau introductif indique: "Nous en publions, en primeur, la conclusion; les notes de référence ont été supprimées."
Dans votre lettre ouverte, vous écrivez: "La Bosnie justement...C'est aujourd'hui "un repaire de voleurs et de fraudeurs du fisc [...] dominé par "une classe criminelle fortunée [...]", écrit Chomsky citant dieu sait qui." Premièrement, si vous aviez lu le livre avant d'écrire votre lettre ouverte, vous auriez pu aisément savoir que Chomsky citait un article de Jeffrey Smith, publié dans le Washington Post Weekly du 3 janvier 2000. Deuxièmement, si vous n'aviez pas lu le livre, le chapeau indiquait que les notes de référence avaient été supprimées; ce qui aurait pour le moins dû "freiner votre plume" avant d'écrire: "citant dieu sait qui".
5. Votre lettre ouverte au Courrier est construite de telle façon à ce que les lectrices et les lecteurs de ce quotidien soient conduits à amalgamer les Editions Page deux avec l'éditeur de Michel Bugnon-Mordant (interviewé dans les pages de La Liberté du 13 mars, pages reprises quotidiennement par Le Courrier), c'est-à-dire les Editions de l'Age d'homme.
Toute personne informée, et encore plus toute personne se prétendant informée et se permettant de distribuer des jugements aussi catégoriques que les vôtres, doit savoir qu'il n'existe aucun lien entre les Editions Page deux et les Editions de l'Age d'homme.
Le seul examen des publications des Editions Page deux permet de comprendre le fossé qui les sépare des Editions de l'Age d'homme.
Procéder par glissements à un amalgame entre les deux éditeurs et les deux auteurs ne peut que susciter une interrogation sur la probité avec laquelle vous avez engagé votre polémique. Une telle méthode pourrait laisser entrevoir un acte de falsification.
6. Notre culture éditoriale et personnelle nous a portés à publier, par exemple, un ouvrage d'Alain Bihr (en réalité nous avons publié deux éditions de cet ouvrage, l'une en 1998, l'autre augmentée en 1999), dans lequel l'auteur analyse les diverses manifestations de l'antisémitisme de l'entre-deux-guerres et du racisme ainsi que l'antisémitisme actuels. Pour votre information mais cela est-il nécessaire? Alain Bihr est coauteur d'un ouvrage intitulé Négationnistes: les chiffonniers de l'histoire, Ed. Syllepse-Golias, 1997. Alain Bihr doit publier un nouvel ouvrage aux Editions Page deux. Nous l'avons informé de votre article. Sera-t-il dorénavant, par vos soins, rangé dans les complices du négationnisme?
Vos jugements sur les Editions Page deux seraient-ils étayés par la lecture d'autres ouvrages, parmi lesquels celui d'Enzo Traverso, Pour une critique de la barbarie moderne. Ecrits sur l'histoire des Juifs et de l'antisémitisme?
Vos jugements sur les Editions Page deux s'appuieraient-ils sur l'ouvrage de Daniel Bourgeois, Business helvétique et IIIe Reich. Milieux d'affaires, politique étrangère, antisémitisme, ouvrage coédité avec le quotidien Le Courrier?
Vos jugements sur les Editions Page deux s'adosseraient-ils au fait qu'un de nos auteurs, Daniel Bensaïd, a publié un livre sur la guerre du Kosovo intitulé Contes et légendes de la guerre éthique, Ed. Textuel, 2000, ouvrage dans lequel il analyse les "justifications éthiques" des bombardements de l'OTAN. Daniel Bensaïd a été invité par Alain Finkielkraut à débattre de ce sujet sur les ondes de France-Culture.
Vos jugements sur les Editions Page deux sont-ils corroborés par le fait que nous allons publier un ouvrage de l'économiste défunt Ernest Mandel, annoncé en page 2 du Nouvel humanisme militaire dans la rubrique "Dans la même collection"; ce qui ne vous a certainement pas échappé. Or, les Editions Verso, en Grande-Bretagne, viennent de publier un ouvrage en mémoire d'Ernest Mandel: The Legacy of Ernest Mandel, edited by Gilbert Achcar. Ernest Mandel, né en 1923, a été arrêté par la Gestapo. En effet, avec son père et son frère, il publiait trois publications clandestines de résistance contre l'occupation nazie de la Belgique, et ce dès 1940. Ernest Mandel animait un groupe de résistance avec Abraham Weinstock, auteur connu de l'ouvrage La conception matérialiste de la question juive sous le nom d'Abraham Léon. Weinstock est mort au camp de concentration. Ernest Mandel a participé à la création de la Fondation Auschwitz dirigée par Yannis Thanassekos à Bruxelles. Dans l'ouvrage des Editions Verso est republié un des articles d'Ernest Mandel paru initialement aux Editions du Cerf, Paris 1990, "Révision de l'histoire: totalitarisme, crimes et génocide nazi".
Si nous citons ces ouvrages, la raison en est simple: soit vous en aviez connaissance, et alors vos jugements définitifs relèvent d'une volonté de calomnie déterminée. Soit vous les ignoriez, parce que vous n'aviez pas pris soin d'examiner la production d'un éditeur, et alors vous faites non seulement acte de diffamation, mais vous manifestez un mépris complet envers le comité éditorial des Editions Page deux. Sur ce point, votre logique nous paraît assez cohérente.
7. En supposant que vous n'ayez pas eu connaissance des ouvrages des Editions Page deux, ce qui vous laisse le bénéfice de la seule diffamation, vous auriez pu prendre connaissance des articles publiés dans le mensuel Page 2.
Nous ne citerons que quelques exemples pour illustrer notre indignation: dans le n° 1 de mai 1996, l'article d'Enzo Traverso sur "Primo Levi et Jean Améry, témoins de l'univers concentrationnaire"; dans le n° 2, juin 1996, l'article de Jean-Michel Krivine: "Négationnisme: le "Livre noir" de Roger Garaudy" qui trace le parallèle entre la négation du goulag par Garaudy et ses écrits négationnistes sur la Shoah; dans le n° 10, mars 1997, la seule publication en français d'un extrait de l'ouvrage Vernichtungskrieg verbrechen der Wehrmacht, 1941 bis 1944, publié par le Hamburger Institut für Sozialforschung; il portait sur l'extermination des Juifs en Serbie.
Parallèlement, nous avons publié une série d'articles de Sophie Pavillon sur Maggi et sa production sous le IIIe Reich, Alusuisse et sa collaboration avec la production d'armement des nazis et sur le recours au travail forcé par des entreprises helvétiques.
Nous espérons, pour vous, que les jugements que vous avez émis n'aient pas été suscités par des articles (dans la rubrique "Médias-mémoire") qui mettaient en question la façon dont la Voix ouvrière, organe du Parti suisse du travail, traitait les soulèvements ouvriers et populaires en juin 1953 en Allemagne, ou en 1956 en Hongrie, soulèvements contre des régimes bureaucratiques dictatoriaux, soulèvements écrasés par l'armée dite soviétique.
A nouveau, nous sommes en droit de nous poser la question: avez-vous porté vos jugements en connaissance de cause, ou en suivant la conduite de "l'ignorance volontaire", selon la formule d'Orwell reprise par Chomsky dans l'ouvrage que nous avons publié?
8. Pour terminer, nous vous indiquons simplement que deux animateurs des Editions Page deux en l'occurrence Charles-André Udry et Jean-François Marquis ont écrit sur la guerre du Kosovo. La seule lecture du supplément du Monde "Kosovo, un an après", en date du 25 mars 2000, indique qu'une personne pouvait se prononcer contre la politique de l'OTAN et des Etats-Unis sans pour autant qu'on lui impute des présupposés négationnistes. Mais il nous semble qu'une telle attitude soit de l'ordre de l'impensable pour vous.
Pour toutes les raisons indiquées, nous examinerons de façon minutieuse les suites à donner à vos calomnies et/ou diffamations. Il en va de notre dignité.
Dans l'attente de votre réponse, recevez, Monsieur, nos salutations.
Charles-André Udry,
Marie-Françoise Masserey,
Jean-François Marquis,
Alain Gonthier
Copie à:
Manuel Grandjean, rédacteur en chef du Courrier
Me Nils de Dardel, Genève