Editions Page deux - Collection Cahiers libres
Format: 21x13,5; jaquette de collection: 250 gr. laminé; broché cousu.
Conception graphique: Giorgio Pesce / Atelier Poisson.
Index alphabétique des Cahiers libres
Droits à l'existence, à l'emploi, à la santé, à l'égalité, à la culture: des principes affichés par de très nombreux auteurs et essayistes. Or, une question se pose à nos sociétés: peut-on étaler ces principes et accepter, tous les jours, de les voir être niés ou mutilés?
Dès lors, dans cette fin du XXe siècle, n'est-il pas impératif de chercher à comprendre pourquoi et comment surgissent iniquités, oppressions et exploitations, qui sont autant de dénonciations vivantes de valeurs universelles proclamées de toutes parts?
Montrer comment ces injustices s'encastrent dans le système socio-économique et politique devrait être l'exigence orientant l'ouvrage d'informer, d'enquêter, d'expliquer, de questionner et de débattre.
Les Editions Page deux ont fait ce choix, certes ambitieux. Elles se fixent aussi le but de tracer le seuil de l'inacceptable comme contribution à l'indication d'autres voies, d'autres options.
Pour les Editions Page deux, comprendre est à l'antipode d'approuver; comprendre se conjugue avec changer. Car n'est-ce pas le cumul des petits renoncements qui conduit à faire prendre le monde présent comme le seul naturellement possible? Ou, sur un autre registre, plus présomptueux, à proclamer la fin des idéologies, la fin de la politique, la fin de l'histoire, la fin des classes sociales? Assener ces lieux communs, avec aplomb, vise en fait à transfigurer les réalités sociales en addition de faits naturels afin de mieux les faire accepter comme "idées reçues" par une prétendue opinion publique, sondée régulièrement par des instituts spécialisés.
La collection Cahiers libres prend des libertés avec cet air du temps, pour mieux y résister et susciter réflexions, méditations et interrogations.
Gilbert Achcar, L'Orient incandescent, 2003
Christophe Aguiton et Daniel Bensaïd, Le retour de la question sociale.
Le renouveau des mouvements sociaux en France, 1997.
Pietro Basso, Temps modernes, horaires antiques, L’horaire de travail au tournant d’un millénaire, 2005.
Alain Bihr, Lactualité dun archaïsme. La pensée dextrême droite et la crise de la modernité, 1998 (une édition augmentée est parue en 1999).
Alain Bihr, La reproduction du capital. Prolégomènes à une théorie générale du capitalisme, 2001.
Michel Bonnet, Regards sur les enfants travailleurs. La mise au travail des enfants dans le monde contemporain. Analyse et études de cas, coédition avec le quotidien Le Courrier et le CETIM, 1998.
Michel Bonnet, Le travail des enfants: terrain de luttes, coédition avec le quotidien Le Courrier, 1999.
Daniel Bourgeois, Business helvétique et Troisième Reich. Milieux daffaires, politique étrangère, antisémitisme, coédition avec le quotidien Le Courrier, 1998.
Noam Chomsky, Le nouvel humanisme militaire. Leçons du Kosovo, 2000.
Jean-Pierre Durand et Nicolas Hatzfeld, La chaîne et le réseau. Peugeot-Sochaux, ambiances d'intérieur, 2002.
Tran Hai Hac, Relire le Capital, Marx, critique de l'économie politique et objet de la critique de l'économie politique, 2003.
Michel Husson, Les ajustements de lemploi. Pour une critique de léconométrie bourgeoise, 1999.
Michael Löwy, Patries ou Planète? Nationalismes et internationalismes,
de Marx à nos jours, 1997.
Claude Meillassoux, Léconomie de la vie. Démographie du travail, 1997.
Claude Meillassoux, Terrains et théories, vol. 1 "Voir poindre", 1999.
Claude Meillassoux, Mythes et limites de l'anthropologie. Le Sang et les Mots, 2000
Claude Meillassoux, Terrains et théories, vol. 2 "De case et de salon". 1999
Riccardo Petrella, Le bien commun. Eloge de la solidarité, coédition avec le quotidien Le Courrier, 1997.
Riccardo Petrella, Le Manifeste de leau. Pour un contrat mondial, coédition avec le quotidien Le Courrier, 1999.
Pierre Rolle, Où va le salariat?, coédition avec la Fondation Marcel Liebman (Université Libre de Bruxelles), 1997.
Pierre Rolle, Le travail dans les révolutions russes. De lURSS à la Russie: le travail au centre des changements, 1998.
Claude Serfati, Impérialisme et militarisme, actualité du XXIe siècle, 2004.
Enzo Traverso, Pour une critique de la barbarie moderne. Ecrits sur lhistoire
des Juifs et de lantisémitisme, nouvelle édition revue et augmentée, 1997.
Jean-Marie Vincent, Un autre Marx. Après les marxismes. 2001
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Gilbert Achcar, |
Une longue étude inédite sur l’évolution de la stratégie impériale des États-Unis au Moyen-Orient sert d’introduction à un recueil d’articles rédigés sur une période de près d’un quart de siècle, de 1980 à 2003. Cet ouvrage constitue ainsi une chronique marxiste de quelques moments forts de l’histoire tumultueuse de l’Orient musulman au cours de cette période: la résurgence impétueuse de l’intégrisme islamique, marquée par la révolution iranienne de 1979, et ses contrecoups régionaux – en particulier la guerre d’Afghanistan qui accéléra l’écroulement de l’Union soviétique ; le devenir de la lutte du peuple palestinien, depuis le déclenchement de la première Intifada en 1987 ; les guerres des États-Unis contre l’Irak, jusqu’à l’occupation de ce pays.
Ces articles ont résisté à l’épreuve du temps: ils restent pertinents et apportent un éclairage encore vif à l’actualité la plus récente. Confirmés à titre rétrospectif, ils permettent même d’éclairer l’avenir – dans la mesure, bien entendu, où celui-ci prolonge des tendances à l’œuvre dans le passé.
À cet égard, l’évolution de la situation au Moyen-Orient – de l’Afghanistan à la Palestine, en passant par l’Iran et l’Irak – en ce début de siècle encore plus tragique pour la région que ne l’a été le siècle précédent, justifie amplement le pessimisme raisonné qui s’exprime dans les pages de cet ouvrage et qui se combine avec l’optimisme mesuré que suscite la résurgence d’un puissant mouvement antiguerre à l’échelle mondiale.
D’origine libanaise, Gilbert ACHCAR est établi en France depuis 1983. Il est enseignant en sciences politiques à l’Université de Paris-VIII. Il a notamment publié Le choc des barbaries. Terrorismes et désordre mondial (Complexe, 2002) et codirigé L’Atlas du Monde diplomatique (2003).
| D’origine libanaise, Gilbert ACHCAR est établi en France depuis 1983. Il est enseignant en sciences politiques à l’Université de Paris-VIII. Il a notamment publié Le choc des barbaries. Terrorismes et désordre mondial (Complexe, 2002) et codirigé L’Atlas du Monde diplomatique (2003). |
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Christophe AGUITON et Daniel BENSAÏD 215 pages 28 FS 15,5 euros ISBN 2-940189-05-6 |
Les grandes grèves de novembre-décembre 1995 en France ont donné lieu à une bataille d'interprétation sociologique et politique. Pour déchiffrer le sens de cet événement, dans la durée d'une mémoire collective, les auteurs combinent trois approches: une critique des théories fondant la sociologie de l'école de Touraine et des thèses proclamant la mort de la "classe ouvrière" (salariat) et du travail; une analyse contextualisée des transformations du mouvement syndical en France au cours de la dernière décennie ainsi que de l'émergence de nouveaux mouvements sociaux; enfin un éclairage des transformations à l'oeuvre dans le tissu social.
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Daniel Bensaïd est maître de conférence de philosophie à l'Université de Paris VIII. Auteur notamment de Walter Benjamin, sentinelle messianique, Plon, 1990, Jeanne de guerre lasse, Gallimard, 1991, La discordance des temps, Editions de la Passion, 1995, Marx l'intempestif, Fayard, 1995, Le pari mélancolique, Fayard, 1997. |
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Christophe Aguiton est un des fondateurs de SUD-PTT. Il est le principal animateur du mouvement Agir contre le chômage (AC!) et de la Marche européenne contre le chômage qui s'est conclue en juin 1997 à Amsterdam. Il prépare une nouvelle initiative européenne contre le chômage des jeunes. |
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Pietro Basso 350 p. 26 euros 39 Fs |
Pietro Basso développe dans cet ouvrage une thèse étayée sur un travail empirique minutieux: au cours des vingt dernières années se développe une tendance à l'accroissement du nombre d'heures travaillées et à l'intensification du travail. A l'exception de deux ouvrages importants, l'un de J. Schor, The Overwork American, 1991, et d'une récente étude de la London School of Economics de 1998 - ouvrage qui examine la situation aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, l'étude de Pietro Basso est la première qui met en relief cette tendance. En cela, elle va à l'encontre d'une idée largement répandue selon laquelle il y aurait une diminution automatique de la durée du travail dans les pays développés.
Pietro Basso, dans son ouvrage, examine les relations entre l'organisation du travail, le temps de travail effectif, y compris le temps consacré pour se rendre à son travail, et les processus de mondialisation de l'économie. Il met en relation le temps de travail dans les pays de l'Occident et le temps de travail dans le tiers monde.
Enfin, il engage un dialogue critique avec de nombreux économistes et sociologues sur la thématique du temps de vie et du temps de travail.
| Pietro Basso est professeur de sociologie à l'Université de Venise |
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Alain BIHR |
Alain Bihr remet en cause deux présupposés couramment partagés par les adversaires de l'extrême droite.
Le premier: l'idéologie d'extrême droite ne serait qu'un fatras incohérent de thèmes et d'idées, fatras affecté d'un fort coefficient d'irrationalité. A. Bihr s'efforce de restituer la cohérence interne de cette idéologie qui lui assure une certaine ampleur, lui confère un style propre et qui sait séduire des secteurs significatifs de la société et aussi de l'intelligentsia.
Le second: l'idéologie d'extrême droite serait purement liée à la persistance d'éléments culturels, socio-politiques et psychologiques archaïques. A. Bihr met en évidence l'actualité de cette idéologie, sa fonctionnalité au regard de certains éléments majeurs de la modernité - notamment la crise du sens (ou crise symbolique) - dans laquelle cette idéologie est chroniquement installée.
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Alain BIHR 207 pages, 32 FS 18 euros |
Ce recueil se propose tout d'abord de penser l'une des contradictions les plus étonnantes de cette fin de siècle, celle qui voit les mouvements nationaux et nationalistes (re)naître du processus même qui tend aujourd'hui à invalider le cadre de l'Etat-nation, à savoir la transnationalisation de l'économie. Il fournit ainsi l'occasion de se pencher sur certains des mécanismes majeurs par lesquels cette dernière dépossède les Etats de leur capacité d'intervention sur le terrain économique et social, quelquefois avec leur propre complicité. Tandis qu'inversement il permet de se plonger dans l'univers du nationalisme dans ce qu'il peut avoir de plus étroit mais aussi, par moments, de plus délirant.
Sur cette tâche analytique s'articulent des prises de position politiques. Contre toute forme de nationalisme, fût-il républicain, d'une part ; mais aussi contre l'abandon aux soi-disant vertus des auto-régulations marchandes, prôné par le libéralisme, fût-il social. Ce qui est ici recherché et proposé en définitive, c'est la refondation d'un projet émancipateur au-delà d'un cadre national désormais trop étroit, qui ne brade pas pour autant les acquis politiques et sociaux accumulés par deux siècles de luttes civiques et sociales dans ce cadre.
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Alain BIHR La reproduction du capital |
Il est grand temps de se remettre à lire Marx. Ou plutôt de se mettre à le lire, maintenant que l'on est heureusement débarrassé de la masse des commentaires, hostiles ou favorables, qui ont trop longtemps interdit ou biaisé l'accès direct à son uvre. Celle-ci se révèle alors étonnamment actuelle, capable d'éclairer les processus fondamentaux qui façonnent et transforment notre monde. C'est une telle (re)lecture que propose cet ouvrage, en la centrant sur le concept de reproduction du capital, qui se situe à l'horizon de sa pensée. Cet ouvrage montre ainsi que ce concept est le point de convergence de toute une série de lignes de force mais aussi de lignes de fuite de cette dernière; le point à partir duquel l'unité de la critique marxienne de l'économie politique peut s'apercevoir et se concevoir, mais à partir duquel aussi les insuffisances de cette critique se révèlent et les raisons de son inachèvement s'expliquent; le point à partir duquel enfin le dépassement de cette critique peut s'envisager, en ouvrant sur le projet d'une théorie générale du capitalisme, d'une critique d'ensemble de la civilisation du capital. Développant une approche à la fois pédagogique et originale du Capital, ce livre s'adresse aussi bien à ceux qui se proposent de (re)découvrir Marx qu'à ceux qui ont envie de s'appuyer sur lui pour penser par eux-mêmes, y compris contre lui.
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Alain Bihr est docteur en sociologie et enseigne la philosophie à Strasbourg. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages parmi lesquels: Déchiffrer les inégalités, Syros, 1995; Hommes/femmes: l'introuvable égalité, Les Editions de l'Atelier, 1996 (ces deux ouvrages avec Roland Pfefferkorn); Le spectre de l'extrême droite. Les Français dans le miroir du Front national, Les Editions de l'Atelier, 1998. |
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Michel BONNET Le travail des enfants: terrain de luttes Coédition avec Le Courrier 126 pages, 24 FS 13,5 euros ISBN 2-940189-15-3 1999 |
Il y a des traits de la réalité qui n'apparaissent qu'à travers le combat. On ne peut pas connaître le travail des enfants si on ne se laisse pas éclairer par les luttes dont il est l'objet. Le propos de cet ouvrage est de rappeler cette exigence. Il présente la réflexion ayant trait au travail des enfants à partir des luttes qui se sont déroulées au cours de ce dernier quart de siècle, luttes dont Michel Bonnet a été, souvent, l'un des acteurs. Les thèmes abordés peuvent se décliner ainsi: la descente des enfants dans l'arène; la place accordée - ou non - à la parole des enfants et à leurs organisations; les analyses qui sous-tendent les politiques et programmes des organismes internationaux; les luttes en Asie, où l'on dénombre plus de 60% des enfants qui travaillent dans le monde; le travail des enfants dans ce continent déchiré qu'est l'Afrique.
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Michel BONNET 231 pages 30 FS 17 euros |
Cet ouvrage ne succombe pas à la thématique à la mode: "l'action humanitaire à l'assaut de la cruauté du monde". Il refuse que la compassion fasse l'économie d'une compréhension des rapports inégaux entre les pays du Nord et du Sud et des contraintes qui mettent les enfants au travail (ajustements structurels du FMI, paupérisation massive de secteurs entiers de la population). M. Bonnet examine aussi la relation particulière qui s'établit entre l'utilisateur de la force de travail des enfants et les enfants. Il éclaire les difficultés comme la capacité des enfants - qui sont à la fois enfants et travailleurs - à agir pour se défendre. L'auteur ne pose pas le regard de "l'homme blanc" sur le travail des enfants du tiers-monde. Il a une approche qui respecte profondément les enfants travailleurs et les considère comme pouvant et devant être sujets des mesures favorisant leur émancipation.
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Michel Bonnet est reconnu comme l'un des meilleurs connaisseurs du travail des enfants dans le monde. Principal expert, de 1991 à 1996, auprès du Bureau international du travail (BIT), dans le cadre du Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC). Ses connaissances accumulées depuis deux décennies sont aussi le fruit de son action directe avec des organisations locales (ONG) dans de nombreux pays "en développement". Il a participé en 1985 à la fondation du réseau d'associations "Child Workers in Asia" à Bangkok, en 1990 à celle de "South Asian Coalition Against Child Servitude" à New Delhi. Il a été l'un des animateurs de la Marche mondiale contre le travail des enfants en 1998. Dernières publications: participation à l'ouvrage collectif: L'enfant exploité. Oppression, mise au travail, prolétarisation (éd. Bernard Schlemmer), Karthala, 1996; Regards sur les enfants travailleurs, Editions Page deux, Lausanne, 1998. |
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Daniel BOURGEOIS Coédition avec Le Courrier |
Après deux ans, le débat public sur la politique des autorités, des banquiers et des industriels suisses durant la Seconde Guerre mondiale s'est dilué - l'histoire se répète - dans la méta-évocation d'une entité suisse: la Suisse, trop injustement critiquée, qui a nommé une commission d'historiens, fait la lumière et son mea culpa pour quelques "erreurs", largement expliquées par le contexte difficile ou par un sens moral quelquefois un peu défaillant.
Or, c'est sur le fond d'une défense de leurs intérêts propres - financiers, industriels, commerciaux ainsi que sociaux et politiques - que s'est développée l'orientation de fractions substantielles des milieux d'affaires et politiques suisses, dès les premières décennies du siècle. Elle s'est concrétisée par une série d'initiatives concertées, révélant des affinités électives et des intérêts fort concrets, poussant ces secteurs économiques et politiques à développer un bon voisinage avec les forces nationales-socialistes, le Troisième Reich et le nouvel ordre européen issu des grands bouleversements de 1939-1941.
Daniel Bourgeois raconte, au fil de recherches s'étalant sur 25 ans, ce "business" helvétique, qui n'est pas fait que d'exportations, d'accords de clearing, de chiffres, mais aussi de censure de la presse, de "certificats d'aryanité", de mission sanitaire auprès de la Wehrmacht, de passeports "J"...
| Daniel Bourgeois, historien, est adjoint scientifique aux Archives fédérales suisses. A côté de son activité professionnelle, il a poursuivi ses travaux de recherche et publié de nombreux articles. Sa thèse, Le Troisième Reich et la Suisse, parue en 1974, mettait déjà au jour, en décalage avec la version autorisée de l'histoire, des éléments importants du débat actuel, redécouverts avec fracas. Sur l'or pillé en provenance d'Allemagne par exemple, la Commission indépendante d'experts Suisse-Seconde Guerre mondiale reconnaît que D. Bourgeois avait alors "abordé pour la première fois les questions essentielles à ce sujet". |
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Noam CHOMSKY Le nouvel humanisme militaire. Leçon du Kosovo 296 pages, 35 FS 19,7 euros ISBN 2-940189-17-X Traduit de l'américain par Isabelle Richet, avec la collaboration de Gilbert Achcar, de The New Military Humanism: Lessons from Kosovo, 1999, Common Courage Press, Monroe, Etats-Unis mars 2000 |
"Avec une patience de juriste, Noam Chomsky décortique un par un les faits et les arguments relatifs à cette première guerre menée par l'OTAN. L'ouvrage est certainement l'un des plus percutants de la longue série des écrits politiques de l'auteur. Il développe une argumentation d'une grande efficacité non seulement contre la guerre du Kosovo, mais aussi et surtout, contre ce "droit d'intervention" que s'arrogent les puissances les plus riches de la planète. A cet unilatéralisme impérial qui relève de la loi de la jungle, l'auteur oppose le droit international et ses institutions existantes. Loin d'être parfaites, celles-ci restent encore la meilleure option disponible en matière de relations internationales."
Le Monde diplomatique, novembre 1999
| Noam Chomsky est professeur à l'Institut de linguistique du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages sur la politique extérieure des Etats-Unis et sur la fonction des médias. Parmi eux, nous citerons: The Umbrella of U.S. Power et Acts of Agression, écrit avec Ramsey Clark et Edward W. Said; ainsi que Manufacturing Consent. The Political Economy of the Mass Media, écrit en collaboration avec Edward S. Herman. En français: L'an 501: la conquête continue, Ed. EPO, Bruexelles, 1995; Les dessous de la politique de l'oncle Sam, Ed. Le Temps des Cerises, Pantin, 1996. |
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Jean-Pierre Durand et Nicolas Hatzfeld, La chaîne et le réseau. Peugeot-Sochaux, ambiances d'intérieur 303 p., 36 FS, 22 euros, ISBN 2-940189-23-4, 2002 |
La fin tant annoncée du travail ouvrier tarde à se réaliser: plus du quart de la population active relève toujours de la classe ouvrière selon l'INSEE. Mieux encore, le travail sous contrainte de temps caractérisant la chaîne s'étend aux services dans la grande distribution, dans la restauration rapide, voire au travail de bureau.
Peugeot-Sochaux, ambiances d'intérieur. Pour saisir de près le travail d'aujourd'hui, les auteurs ont séjourné longtemps dans l'usine, au fil des lignes de montage; l'un deux a durablement tenu un poste de monteur. À la routine quotidienne du travail se mêlent les rapports ambivalents entre générations, entre ethnies, entre fonctions. Alors se construisent des jeux identitaires subtils et discrets tandis que se négocient en permanence des ajustements et des arrangements pour rendre le travail acceptable. Car si les postes de travail ont été améliorés, de nouvelles fatigues sont apparues à travers des cycles de travail raccourcis.
La chaîne et le réseau. Le difficile travail à la chaîne s'accompagne de compensations symboliques à l'effort. Telle est la raison d'être des ajustements sociaux permanents et des réseaux multiformes qui traversent la réalité des ateliers. Fragile et complexe, l'usine tient sur des compromis sans cesse recommencés. Réseaux sociaux, trajectoires individuelles et régulations se croisent pour cimenter le quotidien ouvrier. Ces réseaux multiformes traversent les ateliers et dépassent même l'usine; par eux passent les compromis et les conflits.
Instable et complexe, l'usine tient sur ces ajustements sans cesse renouvelés par lesquels se noue la société qu'étudie La chaîne et le réseau.
Jean-Pierre Durand est professeur de sociologie à l'Université d'Evry où il dirige le Centre de recherche Pierre Naville. Après avoir co-édité avec R. Weil Sociologie contemporaine (Vigot, 1989 et 1997), il a publié plusieurs ouvrages de sociologie du travail dont L'après-fordisme(avec R. Boyer chez Syros, 1993 et 1998), Le syndicalisme au futur(Syros, 1996). Il a animé un groupe international de recherche au GERPISA sur le teamworkdans le montage automobile dont les travaux sont rassemblés dans L'avenir du travail à la chaîne(La Découverte, 1999). Nicolas Hatzfeldest maître de conférences en histoire à l'Université d'Evry, membre du GERPISA et du Centre Pierre Naville. Il joue à l'occasion de cette recherche avec une ancienne expérience d'ouvrier établi dans le Pays de Montbéliard. Publications récentes: Les gens d'usine. Peugeot-Sochaux, 50 ans d'histoire, éditions de L'Atelier, 2002 et, avec Jean-Louis Loubet, Les 7 vies de Poissy. Une aventure industrielle, éditions ETAI, 2001 |
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Tran Hai Hac, Relire le Capital, Marx, critique de l'économie politique et objet de la critique de l'économie politique, 2 vol., 400 p. et 368 p., ISBN 2-940189-25-0, 55 euros, 82 FS, 2003 |
Le présent ouvrage participe de la toute récente réouverture du débat sur Le Capital, interrompu plus ou moins au milieu des années 1980. Certes, cette reprise des débats a lieu dans des conditions nouvelles, celles de la disparition de l'orthodoxie marxiste, de l'avènement du capital mondialisé, mais aussi de l'émergence d'un mouvement altermondialiste, porteur de nouvelles interrogations et réflexions sur le capitalisme contemporain. Dans ce contexte, ...relire Le Capital' de Marx, c'est tout d'abord prolonger son projet de «critique de l'économie politique», c'est-à-dire de mise en question des catégories économiques que sont la marchandise et la monnaie, le capital et le salariat, le profit et la rente. Mais la théorie de Marx, qui se pose comme critique de l'économie politique, s'est figée dans beaucoup de controverses en une autre économie politique dont la critique doit par suite être faite simultanément. D'où le sous-titre: ‘Marx, critique de l'économie politique et objet de la critique de l'économie politique'.
Cette relecture établit que la valeur d'échange des marchandises est économiquement indéterminée dans Le Capital: la loi de la valeur dépend de normes monétaire, salariale et foncière, normes de caractère étatique qui en font une loi socio-politique. La monnaie, la force de travail et la rente absolue constituent les concepts fondateurs et les points forts de la théorie de Marx, ceux où s'ancre sa critique de l'économie politique. Mais la relecture du Capital montre aussi qu'il s'agit de concepts fragiles, des points faibles de l'exposé de Marx qui menacent, à tout moment, de faire basculer sa théorie du côté de l'économie politique qu'il critique. L'auteur de soutient que les ambiguïtés et incertitudes de la loi de la valeur dans Le Capital, notamment les difficultés de conceptualisation des rapports marchand, salarial et foncier, sont liées aux problèmes que rencontre Marx dans la conceptualisation de l'Etat.
TRAN Hai Hac est économiste, maître de conférence à l'Université Parix XIII. Il est l'auteur avec Pierre Salama de Introduction à l'économie de Marx (La Découverte, 1992). |
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Michel HUSSON Les ajustements de l'emploi. Pour une critique de l'économétrie bourgeoise 214 pages, 32 FS 18 euros ISBN 2-940189-12-9 1999 |
Pour la théorie dominante, le chômage est, toujours et partout, le résultat d'un salaire trop élevé. Le seul problème qui demeure est de comprendre les raisons de la " rigidité " particulière du marché du travail. Pourtant les fondements théoriques et empiriques de cette approche sont extraordinairement fragiles: l'économétrie est constamment sollicitée et mise au service d'une défense pseudo-scientifique d'intérêts sociaux finalement assez étroits. C'est l'objet de ce livre de débusquer quelques-uns de ces à-peu-près technico-idéologiques qui parsèment les travaux d'une économie vulgaire qui domine - et encombre - la recherche. Cette démarche conduit l'auteur à esquisser une analyse de la crise qui dure et, dans le même mouvement, une problématique économique alternative autour de la question du chômage de masse et de sa seule issue progressiste, qui passe par une réduction massive du temps de travail.
| Michel Husson est économiste. Auteur de Misère du capital, Syros, 1996, il a participé au lancement du mouvement " Agir ensemble contre le chômage " (AC !) et est aujourd'hui l'un des animateurs de l" Appel des économistes pour sortir de la pensée unique ". |
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Michael LÖWY 158 pages 25 FS 14,5 euros |
Nous vivons une fin de siècle paradoxale: au moment même où le capitalisme semble enfin avoir réussi à unifier le monde, où l'économie s'internationalise à un degré sans précédent, les nationalismes (les régionalismes) reviennent avec fracas sur le devant de la scène. Quelle contribution un ensemble d'oeuvres, différentes, s'inscrivant dans une tradition marxiste critique (d'Otto Bauer à Trotsky, Pannekoek ou Rosdolsky), peut-il apporter à la compréhension de cette contradiction apparente de la fin du XXe siècle? L'ouvrage est complété par un glossaire de noms et par des suggestions bibliographiques.
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Michael Löwy est directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et enseignant à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Auteur notamment de: Les marxistes et la question nationale 1848-1914 (en collaboration avec Georges Haupt et Claudie Weill), réédition L'Harmattan, 1997; Rédemption et Utopie. Le Judaïsme libertaire en Europe centrale, PUF, 1988; Révolte et Mélancolie. Le romantisme à contre-courant de la modernité (avec Robert Sayre), Payot, 1992; La pensée de Che Guevara, Syllepse, 1997. |
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Claude MEILLASSOUX 166 pages 28 FS 15,5 euros |
"L'essence de la valeur, c'est la vie. La valeur du travail, manuel ou intellectuel, qui en émane, se mesure à l'aune de l'épanouissement de la vie." C. Meillassoux attribue au "développement humain" ce contenu fondamental. De ce point de vue, il aborde les thèmes actuels de la démographie et de la faim, dans le contexte du nouveau partage mondial qui se profile entre une "économie de luxe" concernant le tiers nanti de la population, d'une part, et, d'autre part, le "reste", démuni, contraint à migrer, formant "la grande armée de réserve du travail": les sans-emploi, les précarisé(e)s, les exclu(e)s.
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Claude MEILLASSOUX 335 pages 41 FS 23 euros |
A la différence des rapports dexploitation qui sétablissent dans la société capitaliste entre classes directement affrontées, lexploitation coloniale et néocoloniale sétablit dabord par le contact entre "sociétés" distinctes, lune dominant lautre et la façonnant éventuellement, parfois par des détours, à sa propre image. Lhistoire de la colonisation en témoigne. En effet, la conquête établit dabord des rapports avec des souverainetés reconnues que la puissance coloniale cherche à sattacher par traité. Puis ces pouvoirs politiques étant érodés, déformés ou abattus pour les besoins de lexploitation coloniale, les rapports entre le colonisateur et la population sétablissent à un niveau plus direct. Ce faisant, les structures de production et de reproduction se transforment jusquà changer de nature.
Pour comprendre la portée de ces transformations, il faut se donner des points de repère à partir de la dialectique inhérente aux systèmes considérés et de celle qui naît de leurs relations. Cest ce à quoi s'attachent, en synthèse, toutes les contributions théoriques et historiques qui forment cet ouvrage.
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Claude MEILLASSOUX 483 pages 55 FS 31 euros |
Notre société repose sur lidée quelle est fondée sur une parenté naturelle, biologique. Dans cet ouvrage provocant et magistral, lauteur montre que cette croyance nest quune idéologie "impériale", imposée comme le nec plus ultra de la civilisation au reste du monde. Cette remise en cause radicale de nos valeurs suggère une interprétation inédite et singulièrement éclairante des autres cultures, quelles soient contemporaines ou antiques. Plus encore que dans ses précédents travaux, lauteur saffirme à la fois comme un rénovateur captivant et un classique constructif.
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Claude Meillassoux , né en 1925, est anthropologue et économiste, directeur honoraire de recherche au CNRS. Parmi une abondante production, on citera: Anthropologie des Gouro de Côte dIvoire: de léconomie de subsistance, Mouton, 1964 (réédition en 1999); Femmes, greniers et capitaux, Maspero, 1975 (nouvelle édition: LHarmattan, 1992); Les derniers blancs: le modèle sud-africain, Maspero, 1979; Anthropologie de lesclavage: le ventre de fer et dargent, PUF, 1986. Sous la direction de Claude Meillassoux et Christine Messiant, Génie social et manipulations culturelles en Afrique du Sud, Arcantère, 1991; membre du comité dédition de louvrage collectif: Lenfant exploité. Oppression, mise au travail, prolétarisation, auteur des articles: "Economie et travail des enfants", "Conclusion", Karthala, Orstom, 1996. |
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Riccardo PETRELLA Le Manifeste de l'eau: pour un contrat mondial Coédition avec Le courrier 25 FS ISBN 2-940189-14-5 1999 Diffusion en Suisse |
Non-accès à l'eau pour des centaines de milliers de personnes, privatisation en marche de ce bien commun, pollution, "guerres de l'eau" en Asie, au Moyen-Orient, etc.
Parmi les principales causes du problème "eau", on trouve les pouvoirs - politique, technocratique, économique, financier, symbolique, culturel - détenus par des "seigneurs" pour qui l'eau est une source de puissance, de richesse et de domination.
Le projet d'un contrat mondial de l'eau se fonde sur le principe que l'eau appartient aux habitants de la Terre. Il est inspiré par deux finalités: l'accès de base à l'eau pour tous et sa gestion solidaire et durable, impliquant des devoirs de solidarité, de cohérence pour ne pas mettre en péril les libertés et les droits des générations futures, et de protection et de respect envers l'écosystème Terre.
Le "Manifeste de l'eau" est une initiative du Groupe de Lisbonne et de la Fundaçao Mario Soares. Il bénéficie de l'appui du Comité promoteur mondial pour le contrat de l'eau, présidé par Mario Soares et dont les membres viennent d'Afrique, d'Amérique du Nord et du Sud, d'Asie et d'Europe occidentale.
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Riccardo PETRELLA ISBN 2-940189-09-9 |
L'ensemble des pays du monde est confronté à la nécessité de la construction d'une "bonne" société à l'échelle du globe. Le rendez-vous est désormais pris avec la solidarité mondiale et non plus nationale ou continentale. Tel est le défi d'une citoyenneté civile, sociale et économique, à redéfinir aujourd'hui. Ce défi peut être relevé. Comment? En ne cherchant pas être le gagnant, à l'échelle d'un pays, voire d'un continent comme l'Europe. A cette fin, l'auteur préconise d'abandonner le système de valeurs imposé par l'économie de marché mondialisée, libéralisée, déréglementée, privatisée.
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Riccardo Petrella, docteur en sciences politiques et sociales, a été directeur du programme de "Prospective et évaluation de la science et de la technologie" (FAST) à la Commission européenne. Il enseigne actuellement à l'Université catholique de Louvain. Il est également président du Groupe de Lisbonne et auteur de Limites à la compétitivité (coédition Labor-La Découverte-Boréal; traduit en dix langues) et Le bien commun (Labor et Editions Page deux). |
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Pierre ROLLE 115 pages 22 FS 12,5 euros |
Cet ouvrage est issu d'un cycle de conférences données à l'Université Libre de Bruxelles, chaire Marcel Liebman. L'auteur prend de front les thèses d'André Gorz, de John Rawls et d'autres sociologues du travail. Il réaffirme la centralité effective du travail dans le monde contemporain. Au travers de ses transformations et du déclin d'une certaine forme de maîtrise du travail, Pierre Rolle met en lumière sa prégnance sur les modes de vie. Il souligne l'hégémonie, sur les activités quotidiennes des êtres humains des "sociétés avancées", des formes de comportement liées au travail, à sa préparation, à sa recherche et à son accomplissement.
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Pierre ROLLE env. 240 pages 33 FS 19,5 euros 1998 |
Pierre Rolle est spécialiste de l'organisation du travail dans les sociétés capitalistes développées. Il a examiné de concert avec des sociologues russes trois lieux de travail de la région de Rostov sur le Don (une banque, une entreprise de réparation de motrices électriques, une fabrique de cigarettes) dans la transition de l'URSS à la Russie, avec des références plus générales sur le passage de la Russie à l'URSS, puis de l'URSS à la Russie. Un ouvrage qui réunit reportages, analyses et tentatives de mise en place d'un appareil conceptuel, cela afin de comprendre que dans la Russie actuelle le désordre qui règne, par rapport à l'ancien régime, ne relève pas du strict chaos.
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Pierre Rolle est directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) - où il a travaillé sur les technologies nouvelles avec Pierre Naville - et enseigne à Paris VII et Paris X. Il est l'auteur de nombreuses publications dont Les conditions d'emploi des machines-outils à commande numérique, CNRS, 1968; Introduction à la sociologie du travail, Larousse, 1971; I paradossi del lavoro, Nuova biblioteca Dedalo, 1983; Travail et salariat, Presses universitaires de Grenoble, 1988. |
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Claude Serfati |
L’impérialisme: le retour ? En ce début de siècle, le mot impérialisme connaît un regain d’intérêt de la part de ses défenseurs. Ils attendent de sa mise en œuvre la réalisation des objectifs de la démocratie, de la paix et de l’économie de marché. Le terme est également utilisé (moins qu’empire néanmoins) par ses critiques pour qualifier l’attitude actuelle des Etats-Unis.
L’hypothèse développée dans l’ouvrage est que l’impérialisme constitue un cadre d’analyse pertinent pour comprendre non seulement l’attitude des Etats-Unis, mais l’économie politique de la mondialisation contemporaine. Depuis vingt ans, le capital financier a conquis de nouveaux domaines de valorisation (éducation, santé, activité intellectuelle). La logique rentière s’est installée, avec l’appui des politiques néolibérales et des institutions internationales, au cœur des processus du vivant. Les classes sociales qui en bénéficient sont en majorité situées en Europe et aux Etats-Unis. Toutefois, dans d’autres régions accueillantes de la planète, elles en tirent aussi profit.
L’accumulation financière et rentière attaque de front les exigences de la reproduction de long terme (c’est-à-dire «soutenable») des écosystèmes, elle menace l’existence même des producteurs et de leurs familles. Un régime social de domination qui met la rente au centre de sa reproduction et qui dispose de la planète comme horizon dépend directement de sa puissance de coercition. Dans les pays développés, la sécurité – la protection – des droits de propriété du capital bénéficie d’une attention encore plus soutenue depuis le 11 septembre 2001. Elle justifie des remises en cause de droits individuels et collectifs au nom de la «sécurité nationale» et de l’affaiblissement de la démarcation entre menaces externes et internes. De nombreux pays du «sud» demeurent enfermés dans des rapports de dépendance construits à l’ère de l’impérialisme classique. La pompe à paiement de la dette n’a pas cessé de fonctionner. L’exploitation des ressources naturelles, largement destinées à l’exportation, s’exerce dans le cadre des «nouvelles guerres».
| Claude Serfati, maître de conférences en économie, est membre de l’UMR C3ED (Centre d’économie et d’éthique pour l’environnement et le développement) de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Il est responsable de l’axe de recherche: «Mondialisation, Institutions, Développement durable». Il est membre du conseil scientifique d’attac. Il est auteur et coauteur de nombreux ouvrages sur la mondialisation, ainsi que sur les industries d’armement, dont notamment: La mondialisation armée: le déséquilibre de la terreur, Textuel, 2001 ; Enjeux de la mondialisation: un regard critique (dir.), Octares, 2003 ; «La logique du capital financier au cœur des rapports de production contemporain», dans C. Vercellone, Le crépuscule du capitalisme industriel, La Dispute, 2003 ; participation à La finance mondialisée (dir. F. Chesnais), La Découverte, 2004. |
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Enzo TRAVERSO 205 pages 30 FS 17 euros |
Ce cahier rassemble plusieurs textes consacrés à l'histoire juive dans ses divers aspects, de l'Emancipation à l'essor de l'antisémitisme moderne, des origines du sionisme à Auschwitz. L'auteur analyse les métamorphoses du racisme, de l'antisémitisme, jusqu'aux camps d'extermination, non pas comme la page sombre et tragique d'un passé révolu, mais comme un questionnement ouvert sur notre civilisation. Le passé juif est donc interrogé au présent comme un observatoire privilégié afin de porter un regard critique sur le XXe siècle.
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Enzo Traverso est chargé de cours à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris, et maître de conférence à l'Université d'Amiens. Il a notamment publié: Les marxistes et la question juive. Histoire d'un débat 1843-1943, réédition Kimé, 1997; Les Juifs et l'Allemagne. De la "symbiose judéo-allemande" à la mémoire d'Auschwitz, La Découverte, 1992; L'histoire déchirée. Essai sur Auschwitz et les intellectuels, Cerf, 1997. |
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Jean-Marie VINCENT 34 FS 19,20 euros |
Faut-il encore se donner la peine de lire Marx? Pour l'auteur de ce livre, la réponse à cette question est indéniablement positive. Mais il ne faut surtout pas le lire avec de vieilles lunettes, notamment avec les lunettes du marxisme traditionnel. Marx reste à découvrir derrière les trop nombreux commentaires qu'il a suscités. Ce n'est pas un économiste du XIXe siècle, c'est un critique acéré du monde contemporain, qui se dévoile à toute lecture attentive et non prévenue. La critique marxienne de l'économie politique démonte les mécanismes sociaux qui aveuglent les hommes et leur passent par-dessus la tête. Le capital, le marché, l'argent sont saisis en général comme des évidences, comme quelque chose de naturel. Marx, au contraire, démontre qu'il s'agit de formes de pensée, d'objets symboliques cristallisés, d'abstractions réelles qui se fondent dans la matérialité qui leur sert de support. Les hommes et leurs activités sociales sont prisonniers de ce qu'ils produisent et reproduisent sans s'en rendre compte. Contre ces enfermements sociaux, Marx déblaie une partie de la route qui conduit à la libération.
| Jean-Marie Vincent, né en 1934, est professeur à l'Université de Paris VIII. Il a notamment publié: Fétichisme et société, Paris, 1973; La théorie critique de l'école de Francfort, Paris, 1976; Les mensonges de l'Etat, Paris, 1979; Critique du travail, Paris, 1987; Max Weber ou la démocratie inachevée, Paris, 1998. |