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Intensité, pénibilité, santé.

AU TRAVAIL



Dans tous les secteurs économiques - la construction, l'industrie et lesservices - s'opèrent des réductions d'effectifs (avec une pression accruesur celles et ceux qui gardent leur emploi), une flexibilisation du tempsde travail (avec des horaires qui changent, l'introduction du travail enéquipes), une hausse des emplois précaires (contrats à durée déterminée,travail temporaire, travail sur appel). Les conséquences de cette politiquede gestion de la main-d'oeuvre - appliquée dans chaque pays au nom de lacompétitivité - sur les conditions de travail et de santé au travail sontgraves. Dans le débat public sur les "coûts de la santé", il estinadmissible que cette dimension clé d'une politique de santé publique soitinsularisée. Pascal Paoli de la Fondation de Dublin a présentédernièrement - lors des "états généraux de la santé au travail en France" -les résultats d'une récente enquête effectuée dans 15 pays membres del'Union européenne.

Parmi les éléments de cette enquête, on peut citer celui-ci: le pourcentagede salarié(es) soumis à un travail à cadences élevées - durant 25% ou plusde la durée de leur travail - est passé de 48% en 1991 à 54% en 1996. Ceuxet celles qui doivent faire face, tous les jours, à des délais courts etstricts, qui sont donc sans cesse "sous pression", sont passés de 50% à56%.

Alors que le chômage croît dans tous les pays, les salarié(e)s del'ensemble des secteurs économiques sont de plus en plus nombreux à êtresoumis à des contraintes de temps. Ici le verbe soumettre est à sa place.En effet, l'enquête de la Fondation de Dublin révèle qu'en 1996: 39% dessalarié(e)s ne peuvent pas influencer directement l'ordre des tâches qu'ilsaccomplissent; 42% ne peuvent pas choisir le moment de leur pause; 32% nedisposent pas de la possibilité de modifier le rythme de leur travail (ilssont attachés à la machine... ou à l'ordinateur). La "fin du travail" neprend peut-être pas la forme que certains futurologues ont imaginée.

"Page 2" s'est entretenu avec Serge Volkoff pour analyser lesrelations entre la nouvelle organisation du travail, les effets de lamobilisation du "subjectif" et du "participatif" des salarié(e)s et lasanté au travail. Les réflexions de Serge Volkoff permettent d'établir unlien entre les formes présentes d'organisation du travail, la réduction desa durée et une politique de l'emploi.

Damien Cru, à partir d'une longue expérience sur le terrain et d'étudesdétaillées, présente sous un angle nouveau une prévention des risquesprofessionnels s'appuyant sur l'examen du travail, sa recomposition et surles savoirs des travailleurs que leur prise de parole peut révéler etconstruire à la fois.

Ce dossier renvoie à un thème d'actualité en Suisse: la rediscussion de laloi sur le travail et de la loi sur l'assurance chômage.


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24 février 1997